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Manuel de rédaction à l’usage des militaires

 

Manuel de rédaction
à l’usage des militaires

Éric Ouellet, Pierre Pahlavi,
Adam Chapnick et Craig Stone

Édition en langue française

 

Les Presses de l’Université d’Ottawa

2013

REMERCIEMENTS

Les auteurs du présent ouvrage aimeraient tout d’abord remercier leurs collègues et amis Adam Chapnick et Craig Stone, qui, les premiers, les ont encouragés à travailler à une adaptation française du manuel de rédaction en anglais qu’ils avaient eux-mêmes écrit et publié en 2008. Ce manuel doit énormément à son modèle original, dont il épouse d’ailleurs la structure et l’essentiel de l’argumentation.

De même, le présent ouvrage a largement bénéficié des exposés et des cours de méthodologie qui ont été donnés dans le cadre des programmes d’enseignement du Collège des Forces canadiennes. En ce sens, ce manuel doit donc beaucoup aux étudiants de cet établissement.

Nous voudrions remercier l’Académie canadienne de la Défense, et le colonel Bernd Horn, pour le soutien financier essentiel obtenu pour la réalisation de ce livre.

Les auteurs aimeraient également remercier les cadres d’enseignement du Collège et, en particulier, Miloud Chennoufi pour son apport à l’amélioration stylistique de ce manuel. Merci également aux lieutenants-colonels Steve Jourdain et Kevin Brown pour leurs commentaires et suggestions afin d’améliorer et d’adapter le contenu en fonction des besoins de l’enseignement militaire. Nos remerciements vont aussi à Megan Sproule-Jones pour l’indexation du livre.

À titre personnel, Éric Ouellet voudrait remercier sa conjointe Faith et ses enfants Stéphanie, Maxim et Alexandre pour la patience dont ils ont fait preuve pendant l’été de la rédaction de cet ouvrage.

Pierre Pahlavi tient également à exprimer sa reconnaissance à sa conjointe Camille et à ses quatre enfants, Louis, Jana, Matthias et Greta, pour leur soutien moral et la patience qu’ils ont manifestés durant le processus de rédaction et de finalisation de ce projet.

Les auteurs voudraient souligner l’appui du département des études de la défense du Collège des Forces canadiennes de Toronto et de la direction du Collège militaire royal du Canada de Kingston, sans lequel ce projet n’aurait pas pu voir le jour.

Enfin, les auteurs aimeraient remercier l’équipe des Presses de l’Université d’Ottawa pour son soutien à l’achèvement et à la publication de ce manuel.

INTRODUCTION :
POURQUOI LIRE CE LIVRE ?

La rédaction de type universitaire a très mauvaise réputation hors de la fameuse tour d’ivoire de l’université. Ses détracteurs critiquent généralement son jargon et son ton incompréhensible et élitiste. Il est vrai que les écrivains et journalistes populaires vendent beaucoup plus d’exemplaires de leurs livres que la plupart des universitaires, et que les magazines populaires ont une plus grande diffusion que les revues scientifiques. Alors pourquoi les officiers militaires devraient-ils s’évertuer à maîtriser cet art de la rédaction universitaire ? Pourquoi ne devraient-ils pas plutôt consacrer leur temps à améliorer leurs compétences en rédaction pour leurs fonctions d’état-major ? Au moins, les documents militaires sont assurés de toucher un public intéressé. Pourquoi s’efforcer de domestiquer le style universitaire qui atteint un lectorat clairsemé ?

Il y a en fait un certain nombre de raisons pour employer un type de rédaction universitaire, qui s’explique si l’on accepte ce type d’écriture avant tout comme un style. Ce style, comme tout autre, peut être efficace ou désastreux. Parfois, comme nous l’expliquons plus loin, quand il s’agit d’introduire une perspective militaire dans les débats liés à certaines politiques de l’État, il peut s’avérer un outil efficace de communication pour le corps des officiers. D’autres fois — par exemple, pour communiquer l’intention du commandant à ses subordonnés —, il est parfaitement inapproprié. De plus, nous (les universitaires civils ayant écrit des livres, des articles scientifiques, des commentaires dans les journaux et des rapports spécialisés dans le domaine des études de la défense) considérons que la plupart des lecteurs de travaux universitaires ont été exposés, malheureusement, à cette forme de rédaction à travers des exemples médiocres.

Le fait que la rédaction universitaire ne soit pas nécessairement condamnée à être ennuyeuse, aride et même parfois verbeuse n’est qu’un des arguments justifiant l’acquisition du savoir-faire proposé dans ce livre. Il y a d’autres arguments plus importants à considérer :

Une rédaction universitaire de qualité peut servir d’outil de communication avec l’élite politique nationale et internationale.

Il est peut-être vrai que la rédaction universitaire n’atteint pas un public aussi large que la littérature populaire, mais elle touche néanmoins un lectorat sérieux. Autrement dit, la qualité du lectorat l’emporte sur la quantité de lecteurs. Les meilleures revues universitaires sont lues par des analystes des politiques et des praticiens influents. Les idées qui y sont exposées peuvent influencer la pensée stratégique des gouvernements. L’énoncé de politique étrangère du Canada (2005), par exemple, reflète de nombreuses idées présentées dans l’ouvrage d’Andrew Cohen While Canada Slept : How We Lost Our Place in the World, le texte de l’Institut canadien de politiques étrangères et de défense intitulé Dans l'intérêt national : la politique étrangère canadienne dans un monde précaire ou encore le livre de Jennifer Welsh At Home in the World : Canada’s Global Vision for the 21st Century. Plusieurs des réflexions qui ont influencé les premières décisions de politique étrangère de Stephen Harper sont discutées dans How Canada’s Pretend Foreign Policy has Undermined Sovereignty de Roy Rempel. Même si la barrière linguistique a tendance parfois à limiter l’accès des décideurs anglophones à la littérature en langue française, celle-ci possède le même potentiel d’influence pour la politique canadienne1. Il s’avère donc que le personnel militaire a la possibilité de contribuer au débat politique au niveau universitaire en insufflant ses perspectives dans un domaine considéré, à tort, comme étant exclusivement réservé aux civils. Nous vivons à une époque qui favorise, pour le meilleur comme pour le pire, la démocratisation des politiques étrangères et de sécurité ; il est donc essentiel que le monde militaire ne s’exclût pas lui-même de ces discussions.

Une rédaction universitaire de qualité est bien plus qu’une simple rédaction. C’est un processus de pensée critique, de recherche et d’analyse qui ne peut qu’améliorer l’efficacité du travail de l’officier.

Ce livre cerne un processus rigoureux de recherche et de rédaction. Il invite les praticiens à remettre en cause des postulats infondés, à distinguer les faits et les spéculations, à construire une argumentation logique et holistique. Ce sont là des qualités à la portée de tous qui prennent une importance croissante dans le cursus professionnel du personnel militaire, tout en ayant une influence grandissante sur le plan stratégique.

À l’époque moderne, la capacité de produire des écrits de qualité est devenue une condition implicite pour les hauts gradés des institutions militaires.

La révolution dans le domaine des technologies des communications a rendu l’information plus accessible que jamais auparavant, et ce phénomène ne se limite pas aux civils. Pour que la doctrine militaire acquière la crédibilité dont elle a besoin, elle doit être élaborée d’une manière qui adhère aux meilleures pratiques dans le domaine de la rédaction universitaire. Notre objectif est de vous aider à acquérir cette compétence.

Ce livre n’est ni exhaustif ni théorique (en tout cas pas de manière explicite) comme c’est le cas de beaucoup d’autres guides que l’on trouve dans les librairies des universités et collèges. Nous avons conscience que le personnel militaire mène une existence active et chargée, et qu’il n’a pas toujours le temps nécessaire pour le perfectionnement professionnel. En choisissant les éléments à inclure et ceux à écarter, nous avons gardé à l’esprit deux questions bien précises :

  • Étant donné leur formation professionnelle, leur capacité et leur éthos, quelles informations et quels conseils à propos de l’écriture auront l’impact le plus immédiat et le plus pratique sur les membres de la profession des armes qui aspirent à occuper, ou qui occupent déjà, des fonctions de direction ?
  • Comment pouvons-nous structurer le texte, à la fois en termes institutionnels et en termes de style et de langage, pour mieux satisfaire les attentes des membres des forces armées, qui méconnaissent peut-être les règles de la rédaction universitaire ?

Les lecteurs remarqueront quasi immédiatement qu’il existe des différences entre ce livre et ce que l’on pourrait décrire comme un bon texte « universitaire » :

Ce livre est succinct. Il lui manque par conséquent la rigueur que l’on trouve habituellement dans les travaux universitaires classiques.

Nous recommandons à tout auteur en herbe désireux de se familiariser avec la rédaction universitaire la lecture de l’excellent Guide d’élaboration d’un projet de recherche de Gordon Mace2 — , de même que des autres très bonnes introductions à la rédaction offertes sur le marché3. Nous sommes cependant conscients qu’il s’agit là d’ouvrages longs et que tous les officiers d’état-major n’ont pas nécessairement du temps à leur consacrer. Par rapport à ces manuels, le présent ouvrage offre l’avantage notable de pouvoir être parcouru en quelques heures. Chacun des chapitres est suffisamment court pour être lu rapidement.

Ce livre n’est pas strictement rédigé en fonction de ce que l’on décrit comme un style universitaire idéal.

Par exemple, ce livre ne respecte pas de façon scrupuleuse le postulat selon lequel les bons textes sont écrits à la troisième personne ; il n’aborde pas non plus le vocabulaire de la conversation courante. Nous avons opté pour la première personne dans l’ensemble du livre et nous employons régulièrement des contractions (à commencer par la deuxième ligne), en plus d’utiliser les types de phrases qui font généralement grincer des dents les grammairiens et les syntacticiens. L’objectif qui nous guide est de respecter une règle d’or : utiliser le style qui convient le mieux au sujet traité et qui est le plus approprié pour le lectorat ciblé. Ce livre n’est pas écrit pour les universitaires (bien que nous pensions que nos suggestions pourraient être utiles au-delà de la communauté militaire). De plus, nous ne proposons pas ici ce que nous appelons dans le chapitre 1 un « essai persuasif » qui vise principalement à convaincre le lectorat au sujet d’un argument précis. Il s’agit davantage de ce que nous appelons, également dans le chapitre 1, un « essai descriptif et normatif », c’est-à-dire à un texte qui cherche à exposer nos lecteurs militaires aux meilleures pratiques en vigueur dans le monde universitaire.

Ce livre tire la majorité des exemples utilisés de textes universitaires rédigés soit par des officiers en service soit par des officiers à la retraite.

Nous avons pris cette décision pour deux raisons. D’abord, nous espérons prouver que beaucoup d’officiers d’état-major ont réussi à communiquer leurs idées selon les règles universitaires. Ensuite, le fait d’utiliser des auteurs militaires nous a permis de nous concentrer sur des sujets et thèmes qui sont pertinents pour notre lectorat.

Ce livre ne cadre pas, pour l’essentiel, avec les objectifs qui s’appliquent à la rédaction d’état-major traditionnelle.

Notre objectif n’est pas de comparer ou de juger cette dernière forme de rédaction. Nous reconnaissons et appuyons l’importance d’une forme de rédaction propre à la profession militaire. Nous maintenons, cependant, qu’une rédaction universitaire de qualité n’est pas une « version améliorée de la rédaction d’état-major ». Ce sont des styles différents, qui requièrent des approches différentes. Par exemple, l’attribution en vigueur — la mention systématique des sources — est l’une des qualités qui différencient la rédaction universitaire et la rédaction d’état-major.

Ce livre n’aborde pas en détail la question de la littérature spécialisée du monde universitaire.

Nous ne prétendons pas que ce que nous préconisons soit la seule façon d’écrire à la manière des universitaires. Nous reconnaissons que certains de nos collègues universitaires et militaires s’opposeront à certains de nos conseils de rédaction. Nous avons également conscience que la majeure partie de notre lectorat s’attend à des directives claires et explicites. Par conséquent, notre postulat est le suivant :

Notre formation universitaire nous permet de penser que les conseils donnés ici favorisent la rédaction de travaux convaincants et accessibles. La méthode que nous préconisons n’est pas la seule méthode de rédaction universitaire et il est parfaitement possible que certaines de nos recommandations ne s’appliquent pas toujours de manière précise. Ceci ne nous empêche pas d’être convaincus de l’importance des éléments suivants :

  • Être clair.
  • Être pertinent et, si possible, original.
  • Comprendre son lectorat et produire des travaux en conséquence.
  • Établir des paramètres de rédaction réalistes.
  • Organiser les idées avant de les inclure de manière formelle dans le texte.
  • Faire une recherche rigoureuse et efficace — remettre en cause les opinions, les faits et les méthodes de recherche.
  • Se donner suffisamment de temps pour procéder à une révision en profondeur.
  • Respecter les standards du professionnalisme universitaire.
  • Éviter les erreurs les plus courantes que le personnel militaire rencontre lorsque vient le temps de communiquer avec un lectorat universitaire.
  • Créer un produit final que vous pourrez fièrement laisser à la postérité.

Ce manuel épouse la structure et l’essentiel de l’argumentation contenue dans le manuel original en anglais d’Adam Chapnick et Craig Stone. Il en diffère cependant dans la mesure où il n’est pas une simple traduction de cet original, mais une adaptation destinée à répondre aux besoins spécifiques des rédacteurs francophones évoluant dans des institutions d’enseignement militaire comme le Collège des Forces canadiennes. Parmi les différences notables, il convient également de souligner l’ajout d’une section consacrée à la recherche sur Internet, un ajout qui résulte des recommandations à cet effet de notre collègue Miloud Chennoufi.

Les chapitres courts et incisifs qui suivent vous guideront à travers toutes les étapes du processus de rédaction universitaire, de la sélection d’un sujet jusqu’à la soumission d’un travail pour une évaluation formelle. Nous espérons que vous les lirez avec attention, mais aussi avec un esprit critique. Finalement, comme tous bons universitaires, nous vous invitons à nous faire des commentaires sur l’utilité de ce livre en nous écrivant aux adresses suivantes : ouellet@cfc.dnd.ca et pahlavi@cfc.dnd.ca.

 

Éric Ouellet et Pierre Pahlavi

CHAPITRE 1
La rédaction universitaire : de quoi s’agit-il et qu’est-ce qui en fait la qualité ?

Contenu :

  • Ce que la rédaction universitaire n’est pas
  • La différence entre les essais narratifs, descriptifs et universitaires
  • Les qualités d’un bon essai persuasif
  • Déterminer les qualités d’un essai persuasif
  • Citations et présentation

Mots-clés :

  • Rédaction universitaire
  • Essai narratif
  • Essai descriptif
  • Essai universitaire
  • Preuve primaire
  • Recherche secondaire
  • Note de fin de texte
  • Note de bas de page
  • Nom et numéro(s) de page(s) (dans le texte)
  • Nom et date (dans le texte)

Tableaux :

Tableau 1.1 : Citations et présentation

Tableau 1.2 : Style The Chicago Manual of Style, notes de bas de page

Tableau 1.3 : Style The Chicago Manual of Style, notes de fin de texte

Tableau 1.4 : Style Council of Science Editors (CSE), référence selon le numéro de séquence

Tableau 1.5 : Style Modern Language Association (MLA), nom et numéro(s) de page(s) (dans le texte)

Tableau 1.6 : Style American Psychological Association (APA), nom et date (dans le texte)

 

Ce chapitre a deux objectifs. D’abord, il consiste à mettre en lumière les différences entre rédaction universitaire et non universitaire. Ensuite, il s’agit de décrire et de donner des exemples des caractéristiques-clés d’un bon travail universitaire.

I. Ce que la rédaction universitaire n’est pas

Bien que nous reconnaissions l’existence et la légitimité des travaux de rédaction non traditionnels et des méthodes d’évaluation non conventionnelles dans les collèges de défense et ailleurs, aux fins de ce livre, la rédaction universitaire désigne spécifiquement la rédaction d’essais de recherche (nous aborderons les autres formes de rédaction brièvement dans le chapitre 7). Ce genre de rédaction est sensiblement différent du travail d’état-major typique, de la rédaction de discours, du journalisme d’enquête ou d’autres formes d’expression artistique et intellectuelle.

De manière générale, il existe trois types d’essais : l’essai narratif, l’essai descriptif et l’essai persuasif. Seul ce dernier peut être considéré comme un travail universitaire. Un essai narratif vise à raconter une histoire. L’un des principaux analystes de l’histoire de la politique étrangère du Canada, Albert Legault, commence son histoire de la diplomatie canadienne entre 1945 et 1985 ainsi :

 

À partir de 1945, le Canada se dote, et cela très rapidement, d’un « système de politique étrangère » qui complète le processus de « state-building » amorcé au XIXe siècle. Tant au niveau des champs d’intervention dans les affaires internationales que des modes de participation à la vie internationale, des mécanismes de gestion, des ressources déployées, de l’élaboration d’une pensée internationale, des instruments d’influence et de la mobilisation sociale, le système politique canadien connaît une expansion qui, plus que tout autre aspect de son développement antérieur, contribue à définir son identité. C’est là une incontestable réussite. Les Canadiens, davantage absorbés par leurs conflits internes, ou plus étroitement identifiés à leur région immédiate, sont rarement conscients de l’importance de la politique étrangère dans la consolidation et l’unification de leur système politique au cours des 40 années qui se sont écoulées de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à la fin de l’ère Trudeau. C’est cette dimension du développement politique canadien que cet ouvrage cherche à analyser1.

 

À noter ici que l’objectif principal de Legault est de présenter l’histoire d’une période plutôt que de cataloguer une série de réalisations de politique étrangère canadienne ou de développer un argument général sur l’évaluation de l’impact des actions canadiennes sur la scène internationale.

Un essai descriptif est essentiellement narratif. Son objectif est d’exposer ou de « décrire » dans le détail une question ou une idée sans nécessairement exprimer une opinion à son égard. Considérons, à ce propos, l’objectif du texte du lieutenant-général George Macdonald sur le programme national de défense antimissile (National Missile Defense ou NMD) :

 

Cet article analyse les différentes questions relatives au NMD d’une façon qui se veut logique et compréhensible pour les personnes peu familiarisées avec ce sujet. Bien que la nature finale du programme américain n’ait pas encore été déterminée, il importe que les Canadiens comprennent les conséquences de sa mise en œuvre et ses implications pour le partenariat de défense du pays. Seule une bonne compréhension de la question permettra de fournir une réponse bien informée au sujet du NMD, et cette réponse devra correspondre aux intérêts nationaux du Canada2.

 

Ici, Macdonald ne se contente pas de raconter l’histoire du débat sur la défense antimissile, pas plus qu’il ne tente de convaincre ses lecteurs ou de porter un jugement sur la politique canadienne dans ce domaine. Son objectif est davantage de cataloguer des problèmes et idées pertinents pour une évaluation réaliste du bien-fondé de la défense antimissile.

À la différence des essais narratifs et descriptifs, les essais universitaires sont explicitement et délibérément de type persuasif. Les auteurs d’essais persuasifs s’efforcent de convaincre leurs lecteurs d’adhérer à leur opinion sur une question précise. Ces essais prennent en compte un certain nombre d’idées susceptibles de donner raison à leur auteur et à l’argument qu’ils défendent. Par conséquent, lorsque l’on vous demande d’écrire un essai de recherche, on vous met au défi de développer un argument englobant et persuasif. Le colonel Pierre Lessard, officier des Forces canadiennes, écrivait : « y a-t-il un fossé entre la stratégie et l’art opérationnel, et, si oui, est-il accru par une conception inadéquate de la campagne ? La thèse de cet article est que c’est le cas3 ». L’opinion de l’auteur est on ne peut plus explicite. Le reste du texte consiste à démontrer que ce fossé existe et pourquoi il existe.

II. Les caractéristiques d’un bon essai persuasif

Un bon essai persuasif doit répondre à une question importante de manière efficace. C’est un essai rédigé avec clarté, cohérence et dans un style direct. Il est accessible à ses destinataires. Il repose sur une bonne recherche et une bonne documentation. Il est présenté d’une manière professionnelle. C’est ainsi qu’un essai pourra participer au « dialogue » sur un sujet d’importance.

Pourquoi original ? Parce que les lecteurs ont mieux à faire que de lire quelque chose qu’ils ont déjà lu ailleurs. Les essais originaux ajoutent à notre compréhension d’une idée ou d’une question en augmentant la quantité de nouvelles connaissances et la qualité du raisonnement sur un sujet. Lorsque l’on s’engage dans ce type de rédaction, il est essentiel d’accepter qu’il puisse ne pas y avoir de « réponse ultime » à la question de recherche. Il peut également y avoir plus d’une seule façon d’arriver à une conclusion plausible.

La rédaction universitaire exige que le meilleur argument soit présenté en fonction des preuves à l’appui. Dans ce contexte, il est possible, et même souvent probable que de nouvelles preuves n’ayant pas encore été divulguées puissent à terme faire apparaître des faiblesses dans vos arguments, nouvelles preuves que, naturellement, vous ne pouviez anticiper. Lorsque l’officier d’infanterie à la retraite John A. English a publié

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