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Les littératures africaines de langue française à l’époque de la postmodernité

Hans-Jürgen Lüsebrink et Katharina Städler (éds.)

Les littératures africaines
de langue française
à l’époque de la postmodernité

Etat des lieux et perspectives de la recherche

ATHENA

Studien zu den Literaturen und Kulturen Afrikas

Herausgegeben von Yomb May und Katharina Städtler

Band 1

Hans-Jürgen Lüsebrink

Introduction

Le concept de ‹postmodernité› revêt en Afrique et pour les littératures et cultures africaines une signification différente, voire radicalement autre que celle qu’il a reçue, depuis une quinzaine d’années, en Occident.[1] S’il est possible de parler de ‹postmodernité› dans le contexte africain, en l’occurrence dans le contexte des littératures francophones d’Afrique, ce concept paraît étroitement associé au concept de ‹postcolonialisme› et à l’évolution des représentations de l’époque postcoloniale dans les littératures et cultures de l’Afrique Subsaharienne.

Cette évolution est caractérisée, d’abord, par le profond désillusionnement né dans le sillage des indépendances africaines dont les promesses ont été trop souvent cruellement déçues, que l’on voit thématisé dans les littératures et cultures africaines depuis la fin des années soixante. Les œuvres pionnières de Yambo Ouologuem (Le devoir de violence, 1968), d’Amadou Kourouma (Les soleils des indépendances, 1968) et d’Ayi Kwei Armah (The Beautiful Ones are not yet born, 1968) sont symptomatiques de la profondeur de l’écho que ce désillusionnement a suscité dans l’espace littéraire. Elles furent suivies notamment par toute une série de romans, de poèmes et de pièces de théâtre mettant en scène et discréditant les dictateurs d’Afrique, et l’imaginaire sanglant du pouvoir qui leur était propre se trouvait en opposition radicale avec les promesses démocratiques des lendemains des indépendances: plusieurs romans d’Henri Lopes (Le pleurer-rire, 1982), d’Alioum Fantouré (Le cercle des tropiques, 1972) et d’Ahmadou Kourouma (Allah n’est pas obligé, 2000) ainsi que toute l’œuvre de Sony Labou Tansi qui sera au centre de plusieurs contributions à ce volume, en témoignent.

Les littératures africaines, en l’occurrence de langue française, ont ainsi donné une inflexion spécifique à cet ensemble de théorèmes à la fois esthétiques et épistémologiques que l’on englobe sous le terme de ‹postmoderne›. Ses composantes majeures – la mise en cause du concept ontologique de culture, l’effritement du sujet comme entité autonome, la remise en question de la notion de progrès et des idéologies qui en découlent et la fragmentarisation d’unités pensées jusqu’ici comme monolithique et souveraines, comme ‹Histoire›, ‹Société›, ‹Nation›, ‹Réalité› – se voient ainsi reconsidérées de manière significative, et culturellement spécifique. Les contributions réunies dans ce volume en dessinent, à partir d’études de cas généralement focalisées sur un ou deux auteurs caractéristiques, quatre voies paradigmatiques.

Le concept de postmodernité incite en premier lieu à repenser les rapports interculturels des littératures africaines avec les littératures européennes coloniales et postcoloniales. De récentes études critiques, mais aussi des romanciers comme Ahmadou Kourouma (dans Monné, outrages et défis, 1990, par exemple) visent à mettre en cause et à dégager la complexité profonde de ces relations conçues, dans le sillage des luttes anticoloniales et de la décolonisation, généralement comme des rapports d’opposition où des catégories comme ‹authenticité› ou ‹identité› sont associées aux littératures africaines les opposant aux visées coloniales et exotiques d’œuvres d’auteurs européens sur l’Afrique. Pierre Halen montre ainsi, dans sa contribution portant sur le conte Ngando (1948) de l’auteur congolais Paul Lomami-Tchibamba, qui reçut un prix belge de littérature coloniale, que l’écriture africaine émergente permet plusieurs lectures et s’inscrit dans des rapports à la fois de dépendance et d’appropriation de la culture occidentale et des modèles d’écriture et de représentations (des ‹réalités› africaines) qu’elle véhicule, et dans des réactions de rejet (plus ou moins explicite) et de prise de distance. Le même auteur est analysé, dans la contribution de Susanne Gehrmann, à partir d’une autre partie de son œuvre portant sur l’histoire du Congo, comme porte-parole d’une nouvelle historiographie africaine ayant recours à la fiction et présentant une vision à rebrousse-poil (ou ‹réécriture›) des événements de la conquête coloniale. János Riesz focalise son attention sur deux ouvrages romanesques contemporains, parus tous deux pendant la seconde moitié des années 1970, l’un de l’écrivain français Patrick Grainville (Les flamboyants, 1976) et l’autre de l’auteur congolais Sony Labou Tansi (La vie et demie, 1979). Il montre, à partir d’une analyse du paratexte et de l’écriture des deux ouvrages qui proposent chacun une représentation des réalités de l’Afrique contemporaine, les différences radicales qui les séparent. Celles-ci résident en particulier dans l’écriture. Elle est d’emblée pittoresque et exotisante dans le cas de Grainville, auteur à grand succès en France et lauréat du Prix Goncourt en 1978, et interculturelle et expérimentale dans le cas de Sony Labou Tansi dont l’écriture fait percer constamment l’hypotexte culturel et langagier des réalités africaines que l’auteur vise à représenter (ou plutôt à transcrire) en langue et écriture françaises. Isaac Bazié interroge, dans son étude sur les prix Nobel de littérature, les rapports entre littératures africaines et champs culturels occidentaux à partir de la réception de ces littératures et des filiations institutionnelles et interprétatives que celle-ci implique. Il montre, à partir des choix du jury de Stockholm qui a attribué le prix Nobel de littérature non pas à Léopold Sédar Senghor, comme beaucoup s’y attendaient, mais à l’auteur nigérien Wole Soyinka, dans quelle mesure cette décision était fondée sur une interprétation spécifique de l’œuvre de Senghor et une trop étroite assimilation entre homme et œuvre, carrière politique et carrière littéraire de l’écrivain et homme d’Etat sénégalais.

L’interculturalité textuelle des littératures africaines, dont l’exploration implique la nécessité de repenser à la fois les rapports entre cultures africaines et cultures occidentales, coloniales et postcoloniales, et cultures orales et écrites, constitue certes une deuxième caractéristique de leur postmodernité. Partant du fait que leur structure (ou texture) interculturelle est constitutive pour la genèse même des littératures africaines en langue française, ce qui fut conceptualisé dès l’époque coloniale à travers des notions comme ‹métissage› et ‹culture franco-africaine›[2], la production littéraire africaine de ces deux dernières décennies, et la critique y relative, ont ouvert pour la recherche une nouvelle dimension. Celle-ci est explorée, dans les contributions du présent volume, par plusieurs études portant sur différents champs des littératures africaines de langue française. L’étude de Pascale Solon sur l’œuvre de l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, qui fut longtemps rédacteur du journal Jeune Afrique, montre ainsi que sa dimension interculturelle réside non seulement dans son écriture, mais aussi dans sa conception de la culture (comme foncièrement composite et multilinguistique) et dans sa vision de l’histoire qui fait éclater les cadres territoriaux, notamment nationaux, hérités des mouvements coloniaux et nationalistes des XIXe et XXe siècles. Claudia Ortner-Buchberger étudie l’inscription, tant sur le plan de la théorie que sur celui de l’écriture, d’une nouvelle perception de la culture comme foncièrement hétérogène et multiple, dans des textes autobiographiques de Patrick Chamoiseau et de V. Y. Mudimbe. Petra Kassler situe, pour sa part, l’œuvre de Mouloud Feraoun (Algérie) par rapport à la production littéraire coloniale française, notamment de l’Ecole d’Alger des années 30, afin de dégager sa particularité qui réside dans la volonté de présenter une nouvelle image de son pays natal, différente du regard colonial, quasi ‹ethnographique›, et plus proche des réalités sociales et culturelles de l’Algérie, et en particulier de la Kabylie. Cette approche plaçant son œuvre dans le contexte non seulement politique, mais aussi discursif de l’époque coloniale, permet ainsi de rendre justice à un auteur trop souvent ‹banalisé›, voire ‹désapprouvé› par la critique, comme P. Kassler le souligne au début de son étude. Sélom Komlan Gbanou étudie, à travers de nombreux exemples, les formes d’africanisation du français qui constituent autant de moyens pour mettre en cause l’hégémonie normative de la langue francaise, de rompre avec elle tout en gardant des liens profonds. Justin Kalulu Bisanswa, enfin, propose dans sa contribution une approche interculturelle des littératures africaines qui prend en considération, de manière systematique, la pluralité des codes, des références et des réalités socio-culturelles et politiques dont elles sont constituées. Cette perspective méthodologique est en particulier illustrée à travers les genres de l’autobiographie et du roman caractérisé à la fois par des formes de ‹réinterprétation de l’histoire› et la réécriture de genres écrits et oraux.

Les rapports intergénériques et intermédiatiques forment un troisième axe d’interrogation qui pourrait être associé au terme de ‹postmodernité›. La littérature, longtemps pensée comme autonome, largement détachée d’autres pratiques culturelles et valorisée sur le plan esthétique et éthique, se trouve ainsi placée dans un réseau complexe de relations et d’interdépendances avec d’autres genres (le théâtre, la chanson etc.) et d’autres médias, en particulier le film, la presse écrite et la photographie. Plusieurs contributions au présent volume mettent en lumière les perspectives nouvelles qu’implique la prise en considération systématique de ces dimensions. Beate Burtscher-Bechter étudie, elle, les relations intermédiatiques entre la photographie journalistique, comme support par excellence du reportage, et l’œuvre romanesque de l’écrivaine algérienne Yasmina Khadra. Mettant en parallèle la technique photographique, saisissant des images rapides «qui se succédent à un rythme précipité», et la description des scènes de violence et d’horreur dans les romans récents de Khadra sur la guerre civile en Algérie, B. Burtscher-Bechter montre dans le détail comment une ‹technique de l’instantané› développée par le photojournalisme (et théorisée notamment par Roland Barthes, dans son ouvrage La chambre claire, 1980) est chez Khadra transposée sous la forme d’‹instantanés littéraires›. Sonja Lehner met en lumière, dans sa contribution sur le journaliste burkinabè Norbert Zongo et son roman Rougbêinga (1990), les filiations étroites entre écriture journalistique militante et écriture littérature engagée. Dénonçant les injustices de l’époque coloniale, à partir d’événements s’étant déroulés pendant la Première Guerre Mondiale et concernant le recrutement forcé de soldats africains par le pouvoir colonial français, le roman de Zongo évoque, en effet, à travers de nombreuses connotations (dont l’étendue se dégage à travers l’analyse très détaillée du contexte politique que propose S. Lehner) la situation postcoloniale et les conflits actuels en découlant.

L’époque postmoderne a, enfin, introduit de nouveaux thèmes, à partir de nouvelles réalités sociales, politiques et culturelles qui constituent autant de défis pour les littératures africaines – ainsi que pour d’autres littératures contemporaines –, à savoir: la mondialisation économique et culturelle; la diffusion planétaire de nouvelles formes de communication qui se reflètent aussi dans le fait que des ouvrages littéraires africains commencent à être édités sur internet[3]; les nouvelles formes de guerres civiles et de conflits politiques que constituent, sur le continent africain, les guerres au Soudan, en Angola, en Somalie, en Algérie et au Rwanda et qui résistent aux catégorisations traditionnelles (de ‹guerre civile›, de ‹conflits religieux› ou de ‹conflits ethniques›, etc.); l’émergence de nouvelles maladies mortelles comme le sida; et, enfin, l’apparition de résistances à la mondialisation, sous diverses formes, politiques, mentales, et, en Afrique subsaharienne et au Maghreb, surtout culturelles, religieuses et langagières.

L’étude de Ute Fendler sur la représentation du sida dans la littérature et le film africain contemporain propose, à partir d’un thème très largement médiatisé, une approche paradigmatique de l’appropriation littéraire et cinématographique de ces nouvelles réalités de la postmodernité. Elle montre, d’une part, la nécessité de mettre les représentations littéraires systématiquement en rapport avec les représentations médiatiques qui les entourent, les encadrent, généralement les précèdent et parfois les façonnent et les structurent. D’autre part, elle dégage, à partir de l’analyse de plusieurs romans et films contemporains, la fonction spécifique de la littérature dans l’appropriation de réalités contemporaines qui réside à la fois dans sa dimension autobiographique ou fictionnelle, ouvrant la possibilité d’entrer dans le vécu intime et la pensée profonde des personnages directement concernés par des réalités traumatisantes, et de prendre un recul réflexif par rapport à eux.

Si l’on peut parler d’une ‹postmodernité› des littératures africaines de langue française, elle réside, certes, avant tout dans une écriture ayant rendu infiniment plus complexes les rapports à l’histoire (coloniale et postcoloniale), à l’identité (africaine ou métisse) et à la langue (française et africaines), en comparaison avec ceux existant à l’époque coloniale, à l’ère de la décolonisation et pendant les deux premières décennies des indépendances. Et s’il ne paraît plus possible de lire la fiction littéraire en liaison avec une ‹réalité› dont la substance s’effrite de plus en plus et qui paraît souvent plus démesurée, plus invraisembable et plus fictionnelle que tout discours littéraire, il semble en conséquence impossible de détacher la littérature d’autres pratiques culturelles et médiatiques qui dominent de plus en plus nos représentations du continent africain. Les contributions au présent volume proposent des voies d’approche, à la fois méthodologiques et axées sur des auteurs et des textes précis, pour affronter ces nouveaux défis.

[1] Voir par exemple Frederic Jameson. Postmodernism, or, The Cultural Logic of late capitalism. Durham: Duke University Press, 1991; Joseph Natoli/Linda Hutcheon. A Postmodern Reader. Albany: State University of New York Press, 1993.

[2] Voir sur cette problématique: Hans-Jürgen Lüsebrink. «Métissages. Contours et enjeux d’un concept-carrefour dans l’aire francophone». Dans: Etudes Littéraires («Métissages Caraïbes – Brésil») 25/3, 1992-1993: 93-108; Hans-Jürgen Lüsebrink. La conquête de l’espace public colonial. Prises de parole et formes de participation d’écrivains et d’intellectuels dans la presse coloniale (1884-1960). Francfort: IKO/Québec: Editions Nota bene 2002 (Coll. «Studien zu den frankophonen Literaturen außerhalb Europas»), chapitre ‹métissage›.

[3] Par exemple, plusieurs ouvrages du corpus analysé par Ute Fendler ci-après, ont été publiés sur le web.

Katharina Städtler

Les littératures africaines en langue française en Allemagne et en Autriche (1950-2000): état de la recherche

Les contributions au présent volume ne font plus état de la difficile constitution de la littérature africaine de langue française comme objet scientifique dans les universités allemandes, plus précisément dans la discipline académique de la Romanistik (‹langues et littératures romanes›), discipline traditionnellement vouée aux canons classiques des littératures romanes. De l’émergence des premières études sur cette nouvelle littérature (dont certains, au départ, mettaient en doute si elle en était une) jusqu’à l’instauration d’une Afro-Romanistik universitaire, la route était tortueuse et parsemée d’embûches.[1]

Dans la rétrospective qui suit, nous cherchons à retracer les voies qu’ont prises le criticisme et la recherche universitaire en Allemagne et en Autriche en matière de littérature africaine de langue française avant d’arriver à l’ère de la postmodernité esquissée par Hans-Jürgen Lüsebrink (voir supra). En gros, nous nous limitons aux recherches effectuées dans le cadre ou avec l’association des départements des littératures romanes ce qui exclue, d’une part, les travaux ethnologiques sur les littératures orales en langues africaines (bien que, nous en convenons, les rapports entre l’oral et l’écrit soient un des enjeux les plus importants de la littérature africaine). D’autre part, nous ne citerons pas non plus toutes les nombreuses traductions à l’allemand qui ont été faites de la littérature africaine francophone. Produits des politiques culturelles fondamentalement différentes des deux Allemagnes entre 1949 et 1990, elles constituent néanmoins un objet d’études des plus intéressants (cf. n° 66).

Le pére fondateur: Janheinz Jahn

D’entrée de jeu, il faut préciser qu’en Allemagne la réception et la critique de la littérature africaine en langues européennes furent d’abord l’affaire d’un milieu intellectuel situé en dehors des universités, à commencer par le ‹père fondateur› de la branche, le journaliste Janheinz Jahn. De 1951 jusqu’à sa mort en 1973, il s’est consacré entièrement à la collection, traduction et distribution de la littérature de l’Afrique noire et de la diaspora africaine, littératures qu’il désigna par le néologisme ‹néo-africaines›. Son œuvre est caractérisée par un flot de traductions, mais aussi par la création des premiers répertoires et bibliographies à caractère scientifique qui gardent leur valeur jusqu’à ce jour:

  • (1) Janheinz Jahn. Die neoafrikanische Literatur. Gesamtbibliographie von den Anfängen bis zur Gegenwart , 1965 (version anglaise: Bibliography of Creative African Writing , 1977);
  • (2) Janheinz Jahn. Geschichte der neoafrikanischen Literatur. Eine Einführung , 1966 (version française: Histoire de la littérature néo-africaine, 1969);
  • (3) Janheinz Jahn. Who’s Who in African Literature , 1971.

Une de ses élèves a d’ailleurs dressé le bilan des activités de Jahn et de leur importance pour la littérature africaine en Allemagne; voir

  • (4) Almut Nordmann-Seiler . Afrikanische Literatur an deutschen Universitäten, 1972 [L’enseignement des littératures africaines dans les universités allemandes].

En 1963, Jahn publia une première traduction des poèmes de Léopold Sédar Senghor, contribuant de cette manière à rendre célèbre le poète sénégalais en Allemagne. Les indépendances africaines de 1960 aidant, Senghor fut couronné lauréat du très prestigieux Friedenspreis des deutschen Buchhandels (Prix pour la Paix des libraires allemands) en 1968; deux ans plus tard, son traducteur Jahn reçut le Prix de la Traduction conféré par l’Académie allemande pour la langue et la littérature (Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung) pour la qualité de ses traductions de la littérature ‹néo-africaine› à l’allemand.

En 1961, on publia pour la première fois un roman africain traduit en entier (Ake Loba. Kocoumbo. Ein schwarzer Student in Paris). Il correspondait sans doute parfaitement à l’attente des lecteurs allemands pour qui le protagoniste, un étudiant africain dépaysé et dérouté par son séjour en France, symbolisait l’étranger pour lequel on éprouvait de la pitié et qui ne pouvait se sentir heureux que chez lui. Un extrait de ce roman fut publié dans une anthologie de textes africains traduits qui semble avoir un succès très durable:

  • (5) Marie-Louise Lüscher. Tam Tam und andere Erzählungen aus Ost, West- und Zentralafrika, 1962; rééditions en 1980 et 1991.

Le tiers-mondisme religieux et politique

Un autre versant de la divulgation non-académique de la littérature africaine en Allemagne était constitué par les nombreux ateliers, festivals et foires de livres organisés par les organismes culturels les plus divers: les Eglises protestante et catholique, la Foire du livre de Francfort (consacrée à l’Afrique en 1980) en passant par les foires culturelles d’inspiration tiers-mondiste (Festival Horizonte, Berlin 1979) qui pourraient passer comme des cas typiques de coopération postmoderne puisque s’y entremêlaient les tendances et les discours politiques les plus hétérogènes. L’importance de ces événements ne saurait être surestimée, puisqu’à travers eux la littérature africaine pouvait enfin atteindre le grand public. C’est dans ce milieu semi-politique, semi-charitable que sont enracinées quelques-unes des maisons d’édition de la littérature africaine: Horst Erdmann à Tubingen, Peter Hammer à Wuppertal, Lamuv à Göttingen, Otto Lembeck à Francfort et celle qui publia Ake Loba, Union à Zurich.

L’engagement des Eglises pour la promotion de la civilisation africaine était en quelque sorte un prolongement de certaines de leurs activités en Afrique. Sensibles aux concepts de ‹l’âme noire› et de la ‹philosophie bantou› lancés dès 1948, elles cherchaient dans la littérature africaine des informations soit sur l’attitude des Africains face à la religion chrétienne soit sur le caractère prétendu spécifique de ‹l’âme noire›. Le premier courant de critique littéraire ainsi constitué était d’inspiration politico-religieuse et avait pour but de prévoir l’évolution des pays africains après leur indépendance et le sort qui y serait réservé aux Eglises. La plupart de ces analyses, ainsi que d’autres de tendance plus séculaire, étaient axées sur les ‹philosophies› de la négritude de Léopold Sédar Senghor et de l’existentialisme de Jean-Paul Sartre, p. ex.:

  • (6) Siegfried Hertlein. Christentum und Mission im Urteil der neoafrikanischen Prosaliteratur , 1962 [christianisme et mission jugés par la nouvelle littérature en prose africaine];
  • (7) Horst Rogmann. Die Thematik der Negerdichtung in spanischer, französischer und portugiesischer Sprache , 1966 [thèmes de la poésie nègre en langues espagnole, française et portugaise];
  • (8) Irmgard Hanf. Léopold Sédar Senghor. Ein afrikanischer Dichter französischer Prägung , 1972 [L. S. S., un poète africain formé par la France].

Vers 1980, les foires littéraires et culturelles ont lancé la littérature africaine sur le marché (ouest)allemand. Dans la volée, la critique littéraire et académique commençait à se professionaliser. En 1979, parallèlement au festival de culture africaine Horizonte, parut la première anthologie de criticisme littéraire, à cheval entre le reportage journalistique et la recherche universitaire:

  • (9)  Afrikanische Literatur – Perspektiven und Probleme [=  Zeitschrift für Kulturaustausch (29/2-3)], 1979 [perspectives et problèmes de la littérature africaine].

Ce festival organisa également une table ronde littéraire qui fut à l’origine d’une autre anthologie:

  • (10) Dagmar Heusler (éd.). Aufbruch in eine neue Zeit. Geschichten afrikanischer Erzähler, 1979.

Une année plus tard, la Foire du livre de 1980 donna lieu à des entretiens avec des écrivains africains, dont certains furent publiés par deux professeurs de l’université de Francfort:

  • (11) Karsten Garscha et Dieter Riemenschneider (éds.). Afrikanische Schriftsteller im Gespräch: die Funktion der modernen afrikanischen Literaturen , 1983 [les écrivains africains parlent: la fonction des littératures africaines modernes].

D’autres foires et expositions suivaient, produisant chacune son catalogue qui constituait alors un répertoire bibliographique précieux (p. ex. Francfort 1984, Hamburg 1984, Hamburg 1988). La dernière publication de cette lignée est celle de deux journalistes spécialisés en littérature africaine:

  • (12) Holger Ehling et Peter Ripken. Die Literaturen Schwarzafrikas. Ein Lexikon der Autorinnen und Autoren , 1997 [dictionnaire des auteur(e)s africain(e)s].

L’action concertée des éditeurs et des journalistes aboutit, finalement, au projet littéraire de Afrikanissimo qui engendra des expositions temporaires, des conférences et une anthologie:

  • (13) Ilija Trojanow et Peter Ripken. Afrikanissimo , 1991; nouvelle édition 1997.

La recherche universitaire

Les années 1970-85 voyaient se déployer les premières analyses et essais d’histoire littéraire africaine, souvent des thèses de doctorat à l’allure anti-colonialiste:

  • (14) Anna Barbara Ischinger. Der antikolonialistische Roman im frankophonen Schwarzafrika , 1975 [le roman anticolonialiste en Afrique noire francophone];
  • (15) Werner Glinga. Der Unabhängigkeitskampf im afrikanischen Gegenwartsroman französischer Sprache. Mit einem Ausblick auf den afrikanischen Gegenwartsroman englischer und portugiesischer Sprache , 1979 [la lutte pour l’indépendance dans le roman contemporain africain de langue française];
  • (16) Karl-Heinz Jansen. Literatur und Geschichte in Afrika. Darstellung der vorkolonialen Geschichte und Kultur Afrikas in der englisch- und französischsprachigen fiktionalen Literatur , 1981 [la représentation de l’histoire précoloniale dans la littérature africaine de langues anglaise et française];
  • (17) Jürgen Stackelberg. Klassische Autoren des schwarzen Erdteils , 1981 [auteurs classiques du continent noir];
  • (18) Barbara Richter-Ngogang. Der moderne schwarzafrikanische Roman in französischer Sprache 1921-1979 , 1983 [le roman africain moderne en langue française];
  • (19) Almut Seiler-Dietrich. Die Literaturen Schwarzafrikas , 1984 [les littératures de l’Afrique noire].

Mais l’évènement le plus important de cette époque innovatrice fut sans aucun doute, en 1979, la création de la première chaire de littérature francophone d’Afrique à l’université de Bayreuth, occupée depuis le début par János Riesz (cf. supra, note 1), ainsi que, trois ans plus tard, l’instauration d’un réseau interdisciplinaire de recherches sur l’Afrique (SFB) dans la même université, cette structure permettant de mener des recherches à grande échelle. Désormais, la littérature africaine de langue française n’était plus le violon d’Ingres de quelques afrophiles, mais un objet de l’enseignement supérieur régulier et de la recherche scientifique qui avait a le droit de cité même dans les livres d’histoire littéraire académiques:

  • (20) Hans-Jürgen Lüsebrink. «Die frankophonen Literaturen Schwarzafrikas». Dans: Jürgen Grimm et Elisabeth Arend-Schwarz (éds.). Französische Literaturgeschichte. 3e édition augmentée [d’un chapitre sur les littératures francophones en dehors de la France], 1994: 425-438.

En jettant un regard sur leurs activités, on peut prétendre avec quelque raison qu’en Allemagne, la recherche universitaire sur la littérature africaine sub-saharienne fut développée avant tout par les équipes romanistes de Bayreuth. Pendant une bonne vingtaine d’années, ce groupe de chercheurs, Allemands et Africains confondus, produisait des thèses de doctorat et de doctorat d’Etat et une liste impressionante de publications[2]; la plupart de ses anciens membres sont devenus professeurs de littérature francophone d’Afrique en Allemagne (Hans-Jürgen Lüsebrink, Manfred Prinz, Véronique Porra, Susanne Gehrmann), en France (Papa Samba Diop, Pierre Halen), aux Etats-Unis (Koffi Anyinefa, Karim Traoré) et au Canada (Justin K. Bisanswa, Isaac Bazié).

Suivant le programme de recherche, le centre d’intérêt s’est déplaçé au fur et à mesure de l’Afrique de l’Ouest vers l’Afrique Centrale, avec des accents sur la littérature du Sénégal et sur celle du Congo-Zaïre. Les approches varient suivant les sujets: histoire littéraire et sociale, typologie des genres, analyse d’images et de types, questionnements anthropologiques, sociologiques et politiques sur les phénomènes littéraires postcoloniaux, par exemple l’intertextualité produite par l’interférence des traditions orales et des écritures postmodernes dans les littératures africaines. Parmi les travaux sur la littérature sénégalaise, on compte

  • (21) Werner Glinga. Literatur im Senegal. Geschichte, Mythos und gesellschaftliches Ideal in der oralen und schriftlichen Literatur , 1990 [oralité et littérature];
  • (22) Hans-Jürgen Lüsebrink. Schrift, Buch und Lektüre. Zur Wahrnehmung und Funktion von Schriftlichkeit und Buchlektüre in einem kulturellen Epochenumbruch der Neuzeit , 1990 [perception et fonctions de l’écriture, du livre et de la lecture en Afrique noire];
  • (23) Günter Bielemeier. Frankophones Theater im Senegal. Seine Herausbildung und Entwicklung von den Anfängen bis zur Gegenwart , 1990 [= BASS 18][3];
  • (24) Manfred Prinz. Kulturtragende Institutionen Senegals – Zwischen kolonialem Erbe und Unabhängigkeit , 1992 [institutions culturelles];
  • (25) Béatrice Grosskreutz. Le personnage de l’ancien dans le roman sénégalais et malien de l’époque coloniale, un élément de continuité dans un univers ébranlé , 1993;
  • (26) Papa Samba Diop. Ousmane Sembène und die senegalesische Erzählliteratur , 1994 [Sembène et la littérature en prose sénégalaise];
  • (27) Manfred Prinz. Frankophone Literatur Senegals und die Kultur der «schweigenden Mehrheit»: eine kultur- und literaturwissenschaftliche Studie , 1995 [littérature et culture majoritaire];
  • (28) Papa Samba Diop. Sénégal-Forum: littérature et histoire. Werner Glinga in memoriam (1945-1990) , 1995;
  • (29) Papa Samba Diop. Ecriture romanesque et cultures régionales au Sénégal (des origines à 1992). De la lettre à l’allusion , 1996;
  • (30) Papa Samba Diop. Archéologie littéraire du roman sénégalais. Glossaire socio-linguistique du roman sénégalais 1920-1986 (géographie, histoire, langues) , 2 vols. [t. 1: la lettre: de AAKO à MÀSHÂ ALLAH , 1995; t. 2: la lettre: de MBAAR à ZUNGRANA , 1996];
  • (31) János Riesz. Les débuts de la littérature sénégalaise de langue française, 1998.

La littérature francophone de l’Afrique de l’Ouest fut analysée dans les ouvrages suivants:

  • (32) Alain Ricard et János Riesz (éds.). Le champ littéraire togolais, 1992 [= BASS 23];
  • (33) Claudia Ortner-Buchberger. Frankophone afrikanische Lyrik nach der Unabhängigkeit. Kontext und Intertext. Lyrik in der Elfenbeinküste und Burkina Faso (1970-1981) , 1993 [poésie ivoirienne et burkinabè];
  • (34) Amadou Koné. Des textes oraux au roman moderne. Etude sur les avatars de la tradition orale dans le roman ouest-africain , 1993;
  • (35) Simon Amegbleame et János Riesz (éds.). Histoire, littérature et société au Togo , 1997;
  • (36) Dotsé Yigbe. Fetischismus als Alterität: am Beispiel kolonialer Literatur über Togo: Richard Küas, Félix Couchoro und David Ananou , 1997 [littérature coloniale togolaise];
  • (37) Brahima Camara. Jägerliteratur in Manden: Gattungs- und Übersetzungsprobleme afrikanischer Oralliteratur am Beispiel von Baala Jinba Jakites Epos ‹ Bilakoro Mari›. (t. 1), 1998 [littérature orale des chasseurs mande];
  • (38) Linda Maria Martina Zürn. Bernard Blinlin Dadié : ‹Un Négre à Paris› (1959). Gattungszugehörigkeit, innere Kohärenz und Stellung im Gesamtwerk des Autors , 1998 [genre, cohérence textuelle, place dans l’œuvre de Dadié];
  • (39) Karim Traoré. Le jeu et le sérieux: essai d’anthropologie littéraire sur la poésie épique des chasseurs du Mande (Afrique de l’Ouest) , 2000.

Un nombre assez important de travaux fut consacré à la littérature de l’Afrique centrale, surtout à celle du Congo:

  • (40) Koffi Anyinefa. Littérature et politique en Afrique noire: socialisme et dictature comme thèmes du roman congolais d’expression française , 1990 [= BASS 19];
  • (41) Pierre Halen (éd.). Images de l’Afrique et du Congo-Zaïre dans les lettres françaises de Belgique et alentour , 1993;
  • (42) Pierre Halen et János Riesz (éds.). Littératures du Congo-Zaïre. Actes du colloque international de Bayreuth (22-24 juillet 1993), 1995 [=  Matatu 13-14];
  • (43) Pierre Halen et János Riesz (éds.). Patrice Lumumba entre Dieu et Diable – Un héros africain dans ses images , 1997;
  • (44) Norbert Stamm. «Den Kongo schreiben». Geschriebene Heterogenität: das Werk Sony Labou Tansis , 2000 [Ecrire le Congo, l’hétérogénéité de l’œuvre de S. L. T.];
  • (45) Justin Kalulu Bisanswa. Conflit de mémoires: V. Y. Mudimbe et la traversée des signes , 2000.

Une autre partie des recherches menées à l’université de Bayreuth, notamment celles du professeur Riesz, concernent les rapports entre littératures africaines et européennes, la réception des cultures et littératures africaines en Europe, et leur exégèse comme enjeu identitaire européen:

  • (46) Wolfgang Bader et János Riesz (éds.). Literatur und Kolonisation. Vol. 1: Die Verarbeitung der kolonialen Expansion in der europäischen Literatur , 1983 [représentation de l’expansion coloniale dans la littérature européenne];
  • (47) János Riesz (éd.). «Tirailleurs sénégalais»: zur bildlichen und literarischen Darstellung afrikanischer Soldaten im Dienste Frankreichs , 1989;
  • (48) János Riesz. Koloniale Mythen – afrikanische Antworten , 1993, 2e éd. augmentée 2000 [discours sur l’Afrique en Europe et en Afrique];
  • (49) Véronique Porra. L’ Afrique dans les relations franco-allemandes entre les deux guerres: enjeux identitaires des discours littéraires et de leur réception , 1995;
  • (50) Joachim Schultz. Wild, irre und rein. Wörterbuch zum Primitivismus der literarischen Avantgarden in Deutschland und Frankreich zwischen 1900 und 1940 , 1995 [dictionnaire du primitivisme];
  • (51) Robert Debusmann et János Riesz (éds.). Kolonialausstellungen – Begegnungen mit Afrika? , 1995 [expositions coloniales];
  • (52) János Riesz. Französisch in Afrika – Herrschaft durch Sprache , 1998 [le français comme moyen de la domination coloniale];
  • (53) Isaac Bazié. Literaturnobelpreis – Pressekritik – Kanonbildung: die kritischen Reaktionen der deutschsprachigen, französischen und englischen Presse auf den Literaturnobelpreis von 1984 bis 1994 , 1999 [prix Nobel et canon littéraire].

Evidemment, d’autres universitaires de langue allemande ont également contribué à l’essor des études afro-francophones. Les universités de Berlin (Humboldt-Universität), de Brème, de Cologne, de Hambourg, de Hannovre, de Heidelberg, de Innsbruck et celle de la Sarre sont de plus en plus actives dans ce domaine et apportent souvent une perspective comparatiste ou interculturelle:

  • (54) Wolfgang Zimmer. Répertoire du théâtre camerounais , 1986;
  • (55) Susanne Heiler. Der marokkanische Roman französischer Sprache. Zu den Autoren um die Zeitschrift ‹Souffles› (1966-1972) , 1990 [les auteurs autour de la revue ‹Souffles›];
  • (56) Andrea Allerkamp. Die innere Kolonisierung. Bilder und Darstellungen des/der Anderen in deutschsprachigen, französischen und afrikanischen Literaturen des 20. Jahrhunderts , 1991 [l’image de l’Autre];
  • (57) Wolfgang Zimmer. Répertoire du théâtre burkinabè , 1992;
  • (58) Sonja Lehner. Schwarz-weiße Verständigung. Interkulturelle Kommunikationsprozesse in europäisch-deutschsprachigen und englisch- und französischsprachigen afrikanischen Romanen (1970-1990) , 1994 [romans de langue allemande en comparaison à des romans africains];
  • (59) Barbara Ischinger. Kulturidentität und Frankographie: eine komparatistische Untersuchung über den Roman der Wolof und der Manding , 1995 [identité culturelle et francographie dans le roman des ouolof et des mande];
  • (60) Honorat Badiel. Poetologie politischer Lyrik. Vergleichende Studien zu Theorie und Praxis des politischen Gedichtes im französischsprachigen Schwarzafrika und in Deutschland , 1995 [comparaison de poèmes politiques allemands et africains];
  • (61) Anke Poenicke. Die Darstellung Schwarzafrikas in europäischen Schulbüchern für Französisch am Beispiel Englands, Frankreichs und Deutschlands , 1995 [représentation de l’Afrique noire dans des livres scolaires anglais, français et allemands];
  • (62a) Khadi Fall. Ousmane Sembènes Roman «Les bouts de bois de Dieu»: ungeschriebener Wolof-Text, französische Fassung, deutsche Übersetzung. Eine Untersuchung zu Problemen einer literarischen Kommunikation zwischen Schwarz-Afrika und dem deutschen Sprachraum , 1996 [comparaison des versions ouolof, français et allemands];
  • (62b) Flora Veit-Wild. Karneval und Kakerlaken. Postkolonialismus in der afrikanischen Literatur, 1996 [le postcolonialisme dans la littérature africaine];
  • (63) Michel Gneba. «Es wandelt niemand ungestraft unter Palmen». Goethe und die Goethezeit im frankophonen Schwarzafrika , 1997 [réception de Goethe et de ses contemporains en Afrique noire francophone];
  • (64) Annemie Diefenthal. La perception de l’Européen dans le roman sénégalais, 1997 [=  Manuskripte zum Französischunterricht. Publikationsreihe der Vereinigung der Französischlehrer in Zusammenarbeit mit dem Institut für Didaktik der Romanischen Sprachen und Literaturen der Universität Gießen , éd. par Franz-Josef Meißner et al., no 7];
  • (65) Der Ausländerbeauftragte des Senats der Freien und Hansestadt Hamburg et Palabres (éds.). Afrikanische Literatur als Baustein im interkulturellen Dialog? Produktion und Rezeption afrikanischer Literatur in Deutschland , 1998 [production et réception de la littérature africaine en Allemagne];
  • (66) Albert Gouaffo. Fremdheitserfahrung und literarischer Rezeptionsprozeß: zur Rezeption der frankophonen Literatur des subsaharischen Afrika im deutschen Sprach- und Kulturraum (unter besonderer Berücksichtigung der Bundesrepublik und der DDR 1949-1990) , 1998 [réception de la littérature afro-francophone dans les deux Allemagnes];
  • (67a) Beate Burtscher-Bechter. Algerien – ein Land sucht seine Mörder: die Entwicklung des frankophonen algerischen Kriminalromans (1970-1998) , 1999 [polars algériens];
  • (67b) Roland Spiller. Tahar Ben Jelloun: Schreiben zwischen den Kulturen [une écriture entre les cultures], 2000.

Collections et séries

Certaines des thèses mentionnées plus haut ont paru dans des collections et séries créées au fil des années par différents départements ou professeurs d’université. Un grand nombre des travaux mentionnés portant sur la littérature de l’Afrique noire (nos 25, 27, 28, 29, 30, 33, 34, 36, 44, 45, 48, 49, 51, 52, 58, 62a, 66, 67a) furent publié par l’éditrice IKO de Francfort dans la collection démarrée en 1993 Studien zu den frankophonen Literaturen außerhalb Europas [‹Etudes sur les littératures francophones hors d’Europe›], collection co-éditée par les professeurs Karsten Garscha, Hans-Jürgen Lüsebrink et János Riesz. Ce dernier peut inscrire à son compte la création et la gestion de deux autres séries de cahiers, à savoir Komparatistische Hefte (1980-1987), qui ont publié deux numéros sur la littérature africaine, et Bayreuther Frankophonie Studien/Etudes Francophones de Bayreuth [abrégé BFS], éditées en collaboration avec Véronique Porra depuis 1997:

  • (68)  Europäisch-afrikanische Literaturbeziehungen [=  Komparatistische Hefte 1, 1980];
  • (69)  Schwerpunkt Afrika – Focus on Africa – Afrique en vue [=  Komparatistische Hefte 8, 1983];
  • (70) Véronique Porra et János Riesz (éds.). Approches francophones [= BFS 1, 1997];
  • (71) Véronique Porra et János Riesz (éds.). Français et francophones. Tendances centrifuges et centripètes dans les littératures françaises/francophones d’aujourd’hui [= BFS 2, 1998];
  • (72) Pierre Halen (éd.). L’Afrique centrale dans les littératures européennes [= BFS 3, 1999];

Les BFS se sont dotés d’une série de cahiers monographiques (Beihefte/Série monographies) dont certains concernent également la littérature africaine de langue française:

  • (73) Sigrid Köhler. «Einer Kalebassenscherbe gleich». Autobiographisches Schreiben zwischen kolonialer Gewalt und kultureller Situierung – Amadou Hampâté Bâ [= BFS Beiheft 1, 1999] [écriture autobiographique chez A. H. B.];
  • (74) János Riesz et Heinz Haberzettl (éds.). Französischlehrer-Fortbildungstagung [= BFS Beiheft 2, 1999] qui comporte une pièce inédite de Sénouvo Agbota Zinsou, Ninive – la petite fille poisson .

Une autre série paraissant à Bayreuth sont les Bayreuth African Studies [abrégé BASS] éditées par Eckhard Breitinger, série qui vise surtout les nouvelles littératures anglophones et les arts africains. Elle est arrivée à près de 70 numéros en 2002. Outre les travaux de Bielemeier (23), Ricard/Riesz (32) et Anyinefa (40) déjà cités, elle compte encore d’autres volumes sur la littérature afro-francophone:

  • (75) Günter Bielemeier. Approaches to African identity, 1986 [= BASS 4];
  • (76) Günter Bielemeier. Interviews avec des écrivains africains francophones, 1986 [= BASS 8];
  • (77) Hélène d’Almeida-Topor et János Riesz (éds.). Rencontres franco-allemandes sur l’Afrique: lettres et sciences humaines, 1994 [= BASS 33];
  • (78) Ambroise Kom. Mongo Beti parle, 2002 [= BASS 54];
  • (79)  René Philombe, 2002 [= BASS 65].

Egalement une entreprise de longue haleine est Matatu qui paraît depuis 1987. Cette ancienne revue s’est mutée en une série de volumes paraissant régulièrement chez Rodopi à Amsterdam. Elle vise surtout les littératures anglophones d’Afrique, mais on y trouve aussi quelques contributions concernant l’Afrique francophone (voir aussi supra n° 42):

  • (80) Anne Fuchs (éd.). New theatre in francophone and anglophone Africa, 1999 [=  Matatu 20].

Pour terminer la revue des séries, signalons deux créations récentes à Brème. Premièrement, plusieurs universitaires y ont créé la série Bremer Beiträge zur Afro-Romania [abrégé BBAR] qui compte déjà quatre numéros dont trois sur des pays africains francophones:

  • (81) Hella Ulferts (éd.). Togo, Kamerun und Angola im euro-afrikanischen Dialog [= BBAR 1, 1996];
  • (82) Sonja Lehner. Koloniale Leidenschaft: die literarische Vermittlung von kolonialen Diskursen und historischer Praxis von ‹métissage› am Beispiel der französischen Kolonialehen in Westafrika, 1920-1960 [= BBAR 3, 1997] [les mariages coloniaux en Afrique de l’Ouest dans la littérature, les discours coloniaux et les pratiques historiques];
  • (83) M.-Chr. Torre. Un Maghreb au féminin-pluriel [= BBAR 4, 1999].

Deuxièmement, Sélom Komlan Gbanou, journaliste togolais et docteur ès lettres de l’université de Brème, y a fondé sa propre maison d’édition qui porte le même nom que la revue qu’elle édite depuis 1996, Palabres (ISSN 1433-3147). Cette «revue d’études africaines» paraît sous forme de cahiers bi-annuels depuis 1996 et est consacrée aux thèmes les plus divers liés aux littératures africaines, de préférence francophones. Citons deux numéros thématiques récents particulièrements intéressants:

  • (84) Selom Gbanou (éd.). Femmes et créations littéraires en Afrique et aux Antilles [=  Palabres III, 1&2, avril 2000];
  • (85) Irène Assiba D’Almeida (éd.). Femmes africaines en poésie [=  Palabres IV, volume spécial, 2001].

Ouvrages collectifs

Au niveau des ouvrages collectifs, on trouve trois types de publications: d’abord de nombreuses contributions aux répertoires et dictionnaires littéraires, ensuite les volumes d’hommages, et finalement les recueils d’articles faisant suite à des colloques et à des congrès divers. Les articles dans les répertoires sont malheureusement peu connus, mais ils peuvent contribuer à informer rapidement les lecteurs curieux de se familiariser avec les caractéristiques et les grands auteurs de la littérature africaine en langue française:

  • (86)  Kritisches Lexikon zur fremdsprachigen Gegenwartsliteratur [répertoire à feuilles mobiles], 1983ss. [H.-J. Lüsebrink: «Dadié»; A. Seiler-Dietrich: «La littérature de l’Afrique de l’Ouest»; «La littérature de l’Afrique centrale»];
  • (87) Walter Jens (éd.). Kindlers Neues Literaturlexikon , 1991-92 (s. v. Adiaffi, Dadié, Zadi-Zaourou];
  • (88)  Kindlers Literatur Lexikon, 199 2 [J . Riesz : «Di e Literaturen Schwarzafrikas in französischer Sprache» [Littératures de l’Afrique noire en langue française] (Vol. 19: 1035-1045); «Die madegassische Literatur in französischer Sprache» [Littérature malgache en langue française] (Vol. 20: 737-739).

Quelques volumes d’hommages (en allemand Festschrift) contiennent également des articles sur la littérature africaine francophone ou lui sont entièrement consacrés. Les Mélanges Gérard et les Mélanges Riesz rassemblent à eux seuls à peu près toutes les personnes travaillant sur les littératures africaines et constituent donc des inventaires de la recherche afro-francophone en Europe quasi complets:

  • (89) János Riesz et al. (éds.). Sensus communis: Contemporary trends in comparative literature. Festschrift für Henry Remak , 1986;
  • (90) Alain Ricard et János Riesz (éds.). Semper aliquid novi: Littérature comparée et littératures d’Afrique. Mélanges offerts à Albert Gérard , 1990;
  • (91) Claudius Armbruster (éd.). Horizontverschiebungen: interkulturelles Verstehen und Heterogenität in der Romania. Festschrift für Karsten Garscha zum 60. Geburtstag , 1998;
  • (92) Papa Samba Diop et Hans-Jürgen Lüsebrink (éds.). Littératures et Sociétés Africaines. Regards comparatistes et perspectives interculturelles. Mélanges offerts à János Riesz à l’occasion de son soixantième anniversaire , 2001.

La plupart des contributions aux nombreux colloques et sections de congrès romanistes portant sur une ou plusieurs littératures francophones d’Afrique ont été éditées sous forme de volumes collectifs. Nous en avons déjà mentionnés un grand nombre (nos 32, 35, 41, 42, 43, 51, 65, 71, 74, 77, 81) qu’il faut compléter par les titres suivants:

  • (93) János Riesz (éd.). Frankophone Literaturen außerhalb Europas , 1987;
  • (94) János Riesz et Ulla Schild (éds.). Genres autobiographiques en Afrique/Autobiographical genres in Africa , 1996.

Cependant, les actes du tout premier congrès en Allemagne sur la littérature afro-francophone (Bayreuth, novembre 1984) furent publiés par la revue de l’association des professeurs de français de l’enseignement secondaire:

  • (95)  Französisch heute 16/4, 1985 (Afrique) et 17/1, 1986 (Québec, Maghreb) [numéros spéciaux].

Revues

En effet, la revue Französisch heute, fondée en 1969, joue un rôle très important dans la diffusion du savoir sur la littérature africaine de langue française. Depuis le début des années 1980, elle ne cesse de publier des dossiers et des articles sur le monde francophone. En plus des numéros spéciaux cités, on trouve des articles sur la littérature maghrébine et sub-saharienne dans tous les cahiers des années 13 (1982) à 31 (2000) et des dossiers dans les nos 13 (1982) et 30 (1999). L’intérêt que l’association des professeurs de français porte aux nouvelles littératures africaines a engendré très tôt le premier matériel didactique à l’usage des lycéens ainsi que la réflexion sur l’enseignement de ces littératures:

  • (96) Norbert Becker et János Riesz. Au carrefour de deux civilisations – Thèmes africains , 1982 [collection de textes, dossiers thématiques];
  • (97) Joachim Schultz et Herbert Schnädter (éds.). Schwarzafrikanische Literatur im Französischunterricht der Oberstufe (II) , 1990 [enseignement de la littérature sub-saharienne au lycée];
  • (98) János Riesz et Véronique Porra (éds.). Enseigner la Francophonie. Actes de la journée d’étude, Bayreuth, 7 juillet 2000 , 2002 [enseignement des littératures francophones à l’université].

D’autres revues romanistes allemandes publient également de temps à autre des numéros à thème unique ou des articles sur la littérature francophone d’Afrique, mais tout compte fait, ceux-ci restent un phénomène marginal:

  • (99) Eckhard Rattunde. «Die Gestalt des Chaka in der ‹littérature néoafricaine d’expression française›». Dans: Romanische Forschungen 82, 1970: 320-344 [personnage de Chaka dans la littérature africaine contemporaine];
  • (100)  Littérature africaine et antillaise, Littérature maghrébine [= numéro à thème unique de Œuvres & Critiques. Revue Internationale d’Etude de la Réception Critique des Œuvres Littéraires 3-4 , 1979];
  • (101) Karsten Garscha et Denise Lorenz (éds.). Afrika – Zu Literatur, Film und Sprache im ehemaligen französischen Schwarzafrika [= numéro à thème unique de Lendemains 5/19, 1980] [littératures, films et langues en ex-A.O.F./A.E.F.];
  • (102)  Dekolonisation in Lateinamerika, Haiti, und im frankophonen Afrika [= numéro à thème unique de Romanistische Zeitschrift für Literaturgeschichte/Cahiers d’Histoire des Littératures Romanes 1-2, 1982] [décolonisation en Amérique Latine, Haïti, Afrique francophone];
  • (103) Walter L. Schomers. «La Carte d’identite de Jean Marie Adiaffi ou la recherche de la dignite africaine». Dans: Œuvres & Critiques. Revue Internationale d’Etude de la Réception Critique des Œuvres Littéraires 7/2, 1982-1983: 57-81;
  • (104) Hans-Jürgen Lüsebrink. «Freiheitsmythos und Export der Guillotine. Zur Wahrnehmung der Französischen Revolution in den afrikanischen und karibischen Literaturen des 20. Jahrhunderts». Dans: Romanistische Zeitschrift für Literaturgeschichte/Cahiers d’Histoire des Littératures Romanes 3-4, 1988: 363-378 [perception de la Révolution française dans les littératures africaines et caribéennes du 20e siècle];
  • (105) Pius Ngandu Nkashama (éd.). La littérature africaine contemporaine en langue française (1970-1990) [= numéro à thème unique de Lendemains 74, 1994 et 75-76, 1994];
  • (106)  Grenzgänge 3/5, 1996 [numéro sur l’Afrique; C. Ortner-Buchberger: «Fingierte Mündlichkeit in frankophoner westafrikanischer Lyrik», 39-52; A. Kom. «Langue française et école en Afrique, une association manquée», 69-78];
  • (107)  Théâtre noir francophone [= numéro à thème unique de Œuvres & Critiques. Revue Internationale d’Etude de la Réception Critique des Œuvres Littéraires 26,1, 2001].

La seule exception à la règle est constituée par la revue annuelle Neue Romania, éditée par l’Université libre de Berlin. Non seulement elle consacre bon nombre de ses cahiers à la francophonie (dont la thèse de S. Heiler, voir no 55), mais encore elle a publié dernièrement un numéro sur toutes les littératures «de langues romanes» en Afrique:

  • (108) Peter Blumenthal et Pierrette Herzberger-Fofana. «Frankophonie und Sprachpolitik im Senegal». Dans: Neue Romania 4, 1986: 205-219 [politique linguistique au Sénégal];
  • (109) Wolfgang Zimmer. «Le théâtre – la forme de communication la plus appropriée au milieu africain. Entretien avec le dramaturge camerounais Paul Tchakoué». Dans: Neue Romania 7, 1988: 85-108;
  • (110) Peter Stolz. «Prix Goncourt 1987: Tahar Ben Jellouns ‹langer Marsch› von Harrouda (1973) zu La nuit sacrée (1987)». Dans: Neue Romania 7, 1988: 109-130;
  • (111) Peter Stolz. «Phänomenologie des bikulturellen Lebens. Ein Roman des ‹entre-deux-cultures› von Tahar Ben Jelloun». Dans: Neue Romania 14, 1993: 377-394;
  • (112) Katharina Städtler. «Die Entstehung der Literatur der Dritten Welt in Paris (1920-1960)». Dans: Neue Romania 17, 1996: 157-168 [production et édition de la littérature du Tiers-Monde à Paris];
  • (113) Sonja Lehner. «Kulturelle Überläufer, rassische Degeneration oder Kultursynthese? Koloniale und postkoloniale Konzepte von métissage am Beispiel der französischen Kolonialehen in Senegal, 1659-1960». Dans: Neue Romania 20, 1998: 27-44 [concepts coloniaux et postcoloniaux du mariage colonial au Sénégal];
  • (114) Dirk Naguschewski (éd.). Afro-Romania [=  Neue Romania 23, 2000].

Contrairement à l’Allemagne, l’Autriche a déjà créé sa revue d’études francophones, Cahiers francophones d’Europe Centre-Orientale (abrégé Cahiers de l’AEFECO), éditée par les départements de français des universités de Vienne (Autriche) et de Pécs (Hongrie). Certaines contributions dans ces cahiers annuels thématiques étudient la littérature afro-francophone et/ou son enseignement:

  • (115)  Cultures en conflit [=  Cahiers de l’AEFECO 2, 1992];
  • (116)  L’enseignement de la francophonie [=  Cahiers de l’AEFECO 3, 1993];
  • (117)  Y a-t-il un dialogue interculturel dans les pays francophones? [=  Cahiers de l’AEFECO 5-6, 1995];
  • (118)  Unité et diversité des écritures francophones [=  Cahiers de l’AEFECO 10, 2000].

Internet

Une autre preuve de ce que la littérature africaine de langue française cesse peu à peu d’être un sujet marginalisé, c’est qu’elle est très présente dans la toile mondiale. Le professeur Klaus Schüle de l’université de Brème a même créé la première revue électronique francophone d’Allemagne, www.france-mail-forum.de, qui a mis en ligne un Dossier Contes et légendes africains avec des traductions et une bibliographie. D’autres textes d’auteurs allemands ou travaillant en Allemagne sont également disponibles sur internet (www.arts.uwa.edu.au/Mots Pluriels/):

  • (119) Katharina Städtler. «Génèse de la littérature afro-francophone en France: les années 1940 à 1950». Dans: Discourse ownership/A qui appartient le discours? [=  Mots pluriels 8, 1998];
  • (120) Selom Komlan Gbanou. «L’écriture conteuse dans la nouvelle de Sewanou Dabla». Dans: La nouvelle africaine: l’écriture d’un engagement – The African Short Novel: A Writing commitment [=  Mots pluriels 9, 1999];
  • (121) Pierrette Herzberger-Fofana. «A l’écoute de Sony Labou Tansi, écrivain. Un entretien». Dans: Beyond fashion: suits and political ties/ Mode et modes: l’habit fait-il le moine? [=  Mots pluriel 10, mai 1999];
  • (122) Pierrette Herzberger-Fofana. «A l’écoute d’Abdoulaye Elimane Kane, écrivain et ministre de la culture du Sénégal. Un entretien». Dans: Ecologie, écocritique et littérature/Ecology, Ecocritic and literature [=  Mots pluriels 11, septembre 1999];
  • (123) Pierrette Herzberger-Fofana. «A l’écoute d’Alain Mabanckou, lauréat du Grand Prix littéraire de l’Afrique noire 1999. Un entretien avec Alain Mabanckou, poète et romancier du Congo». Dans: Dialogue entre les disciplines artistiques: Utopie ou réalité?/Dialogue between the disciplines of the arts: Utopia or reality? [=  Mots pluriels 12, décembre 1999];
  • (124) Pierrette Herzberger-Fofana. «A l’écoute de Cheik Aliou Ndao, écrivain sénégalais. Un entretien». Dans: Dialogue entre les disciplines artistiques: Utopie ou réalité?/Dialogue between the disciplines of the arts: Utopia or reality? [=  Mots pluriels 12, Décembre 1999];
  • (125) Selom Komlan Gbanou. «Débat autour de l’autonomie de la critique littéraire africaine de langue française». Dans: Savoir et légitimation/Knowledge and legitimation [=  Mots pluriels 14, juin 2000];
  • (126) Katharina Städtler. «Regards africains sur la ville de Paris». Dans: France-Mail-Forum 23, août 2000;
  • (127) Pierrette Herzberger-Fofana. «Prix de la paix 2000 des libraires et éditeurs allemands à Assia Djebar, femme de lettres du Maghreb. Compte rendu». Dans: Ecrire l’exil: rupture et continuité/Writing exile: separation and continuity [=  Mots pluriels 17, avril 2001];
  • (128) Pierrette Herzberger-Fofana. «A l’écoute d’Amadou Tidiane Wone, écrivain et Ministre de la culture du Sénégal. Entretien». Dans: Etre enfant en Afrique/Being a child in Africa [ = Mots pluriels 22, septembre 2002];
  • (129) Karen Struwe (éd.). Contes et légendes africains , 2002;
  • (130) Hans-Jürgen Lüsebrink «The dynamics of autobiography: from anthropological anchorage to the intercultural horizons». Dans: Translated Lives: Autobiographies between languages and cultures/Traduire le vécu: Autobiographie entre langues et cultures [=  Mots pluriels 23, mars 2003].

Conclusion

Nous ne venons pas d’établir un bilan complet de la recherche en Allemagne et en Autriche, loin s’en faut. Un grand nombre d’articles et de travaux écrits par des chercheurs germanophones et parus en dehors de ces pays n’a pas été récensé; de même, les contributions à des recueils isolés qui n’entraient pas dans nos catégories de classement furent omises. Dressons tout de même un bilan provisoire.

La littérature africaine de langue française a commencé à prendre son essor en Allemagne autour de 1979-1980. De nombreuses traductions avaient paru auparavant, mais elles n’avaient rencontré ni l’intérêt du grand public ni celui des universitaires. Depuis les années 1980, avec l’université de Bayreuth comme institution motrice, la recherche académique s’est développée autour de trois centres d’intérêt:

  • 1°) elle interprète la forme et le sens des littératures africaines en adaptant les modèles courants de l’analyse de textes européens (sémiotique, para-/hypo-/hypertexte, narratologie, etc.);
  • 2°) elle essaie d’écrire l’histoire de cette littérature, se limitant la plupart des fois à une littérature nationale;
  • 3°) elle cherche à déterminer les rapports et les influences qui déterminent une littérature africaine en général, p. ex. son rapport à une tradition orale spécifique ou au champ littéraire français.

Par contre, rares sont encore les analyses de l’institution littéraire en Afrique, des conditions de la production et de la réception, des associations d’écrivain(e)s et des maisons d’édition africaines, du champ littéraire et intellectuel, du champ littéraire exilé, de l’impact de la mondialisation[4]. Serait-ce là une sequelle de la prédominance des théories sémiotique et déconstructiviste dans les universités? D’autre part, si l’influence de la tradition orale sur la littérature écrite est incontestable dans certains cas, il s’avère difficile de réaliser des coopérations entre les spécialistes des langues africaines et les romanistes pour concrétiser cette interdépendance. A la rigueur, les médiévistes, habitués à travailler sur des textes d’origine orale dont la forme et le contenu étaient soumis à une grande variabilité, seraient les mieux placés pour collaborer avec les africanistes en ce qui concerne le passage de l’oral à l’écrit. Un rapprochement entre les épopées médievales européennes et les épopées maliennes fut entrepris par Ousmane Bâ (Bamako), et on attend avec impatience les résultats de cette comparaison.

Un autre dialogue peu analysé est celui entre littératures africaines francophones et littératures africaines anglophones ou lusophones, et il en est de même pour l’intertextualité entre littératures africaines et littératures postcoloniales non-africaines (latino-américaines, hindou ...). Enfin, à quelques rarissimes exceptions près, les chercheurs germanophones ne se sont pas encore assez intéressés à la nouvelle littérature africaine produite dans les pays, francophones ou non, où ses auteur(e)s se sont exilé(e)s, ni à celle des femmes africaines d’hier et d’aujourd’hui.

Sur le plan institutionnel, on peut plaindre l’absence d’une association scientifique regroupant les chercheurs en littératures africaines ou francophones d’Afrique comme il en existe aux Etats-Unis, en France et en Grande-Bretagne. En Allemagne, il n’y a même pas de revue spécialisée dans ce domaine. Vu les conditions économiques prévalant au début du XXIe siècle, il ne faut sans doute pas rêver de la création d’une nouvelle revue quand d’autres organes réputés cessent de paraître par manque de soutien financier. Il serait tout aussi utile d’avoir une lettre électronique (mailing list) à laquelle on pourrait s’inscrire gratuitement et qui rendrait compte des nouveautés dans le domaine de la littérature francophone d’Afrique.[5] Nous n’aurions alors plus à attendre pendant un an que paraisse le prochain volume du Klapp[6] et à errer entre les rubriques «La littérature aujourd’hui/Auteurs» (pour les publications concernant les auteurs francophones) et «La littérature hors de France» (pour les publications concernant les généralités et les textes francophones) ... et la recherche allemande et autrichienne sur la littérature africaine en langue française pourrait se faire connaître plus facilement dans les pays francophones.

[1] En 1979 encore, la nouvelle branche cherchait son nom. L’aveu du professeur Riesz est symptomatique à cet égard: «La chaire que [je tiens à l’Université de Bayreuth] a été la première à avoir comme orientation explicite la ‹Afro-Romanistik›, terme que j’ai d’ailleurs refusé en le remplaçant par ‹Romanische und Vergleichende Literaturwissenschaft› [littératures romanes et littérature comparée, K.

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