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Apprendre à méditer au quotidien

Guéshé Rabten

Apprendre à méditer au quotidien

Traduit de l’anglais par Sylvie Zimmermann

Revu, corrigé et édité par des élèves de Gonsar Rimpoché

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Table des matières

Préface

Premier dimanche

Deuxième dimanche

Troixième dimanche

Quatrième dimanche

Cinquième dimanche

Glossaire

Centre d’Études et l’Edition

Photo: Guéshé Rabten

Préface

Dans le cadre de l’étude et de la pratique du Bouddhisme, on accorde toujours une très grande importance à la méditation. Cependant, bien souvent cette pratique semble n’avoir aucun lien avec nos soucis et nos activités du quotidien, ce qui n’est pas nécessairement vrai. En fait, méditation et vie quotidienne peuvent parfaitement se conjuguer et se révéler mutuellement bénéfiques si nous savons comment les intégrer l’une à l’autre.

Dans le courant de l’été 1980, Guéshé Rabten donna une série de conférences au Centre Tharpa Choeling (qui fut depuis lors rebaptisé Rabten Choeling) sur la façon de développer une pratique alliant sessions de méditation formelles et activités quotidiennes afin d’évoluer dans un style de vie équilibré et satisfaisant. Guéshé présenta de manière simple et claire quelques-uns des facteurs indispensables à cette transformation.

La traduction française de cet enseignement oral repose sur une transcription anglaise. Nous avons tenté de rester au plus proche de la transmission d’origine afin d’en conserver le rythme, la dynamique et la fraîcheur. De ce fait, le texte qui suit ne se veut pas académique mais souhaite seulement transmettre un enseignement accessible à tous et permettre à chacun de trouver plus de paix et d’harmonie dans sa vie.

Toutes erreurs ou imprécisions qui se seraient immiscées dans ce texte ne sont que le fruit de l’ignorance des traducteurs.

Brian Grabia (Gelong Jhampa Yeshe)

Hambourg 1981

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Guéshé Rabten devant son ermitage dans les montagnes au-dessus de Dharamsala ( Inde du nord ) en 1969.

Premier dimanche

Qu’est-ce qui est vraiment essentiel dans notre vie ? Telle est l’une des questions fondamentales que nous pouvons nous poser. A cela nous pouvons répondre que, pour que notre existence prenne tout son sens, nous devons éliminer la souffrance et oeuvrer pour notre bonheur futur. Ceci s’applique également à la situation d’autrui, et doit être le point central de notre pratique. De ce fait, on doit concentrer tous ses efforts à faire le bien des autres et le sien en éliminant la souffrance et en assurant le bonheur.

Dans le développement de notre capacité à accomplir le bien des autres ainsi que le nôtre, l’esprit joue un rôle déterminant. Pour ce faire il doit être apte et compétent, sinon nous n’atteindrons pas notre but. Cette capacité mentale est développée par la méditation qui doit s’effectuer de manière appropriée. Grâce à une méditation correcte, la capacité et la force de l’esprit se développent et augmentent.

Afin d’être capables de méditer nous devons commencer par étudier. Même s’il peut sembler a priori qu’étude et méditation n’ont aucun lien commun, cela n’est pas le cas.

En effet, l’étude aide à développer une pratique forte et efficace. La méditation se réfère généralement à l’acte de concentrer son esprit de façon répétitive sur un objet vertueux afin d’en acquérir une certaine familiarisation.

De ce fait, on peut dire que la méditation est un processus permettant de se familiariser avec un objet vertueux ou une attitude vertueuse. Dans la langue tibétaine, méditation et se familiariser avec un objet ont la même connotation.

En ce qui nous concerne, nous recevons des enseignements du Dharma par l’écoute ou par la lecture, au travers de ce livre par exemple, et nous tentons de les mettre en application dans notre vie de tous les jours. Cependant, notre pratique n’est ni puissante, ni efficace. Ce manque d’efficacité est dû au fait qu’en tant qu’êtres humains nous avons un esprit indompté. Afin de pouvoir utiliser cet esprit comme nous le souhaitons et à bon escient, nous devons tout d’abord en prendre le contrôle. Actuellement au lieu d’être contrôlé, c’est notre esprit qui nous dirige. Etant donné qu’il est à son tour sous l’influence de nos perturbations mentales, toutes nos actions se trouvent contaminées. Ainsi, la cause réelle de nos problèmes réside dans notre soumission à des états d’esprit perturbés dont la conséquence est que nous ne parvenons jamais à réaliser nos désirs. Par la méditation, il nous est possible de dompter notre esprit et d’en prendre le contrôle. Il y a deux sortes de méditation utilisées pour développer le contrôle mental : la méditation analytique et la méditation de concentration.

Nous allons maintenant expliquer comment méditer et quels sont les points essentiels à respecter pour rendre cette méditation efficace, ces sujets étant sans doute familiers à ceux qui se sont déjà engagés dans la méditation.

Il est tout d’abord important de comprendre clairement, grâce à l’étude, tout ce qu’implique la méditation. Les enseignements et la pratique bouddhistes présentent différents aspects, mais lorsque nous commençons à méditer, nous devons nous concentrer sur un seul de ces points. Si nous sautons d’une pratique à une autre, nous ne progresserons jamais. Nous devons au contraire choisir un certain type de méditation et concentrer tous nos efforts sur cet entraînement, accomplissant rapidement nos autres engagements et dédiant le maximum de notre temps à cette pratique principale.

Si nous changeons constamment de pratique à chaque fois que nous sommes déçus par celle-ci, cela deviendra une habitude ; nous n’accomplirons jamais notre but et nous perdrons ainsi beaucoup de temps. Ayant choisi une pratique et commencé à méditer, nous verrons surgir des difficultés. L’objet de notre méditation peut, occasionnellement, nous sembler très confus. Nous pouvons aussi éprouver des doutes quant à l’efficacité de notre entraînement si, après quelques progrès initiaux, des interférences surgissent.

Mais dans tous les cas, nous devons redoubler d’efforts et ne pas tout abandonner. Si nous persévérons, nous finirons par nous familiariser avec cette pratique et tout deviendra plus facile.

Un autre facteur important dans la pratique de la méditation est de s’y appliquer à heure fixe ; c’est-à-dire définir un certain moment nous convenant pour méditer et nous y tenir tous les jours.

Si nous parvenons ainsi à méditer régulièrement, tous les jours à la même heure ou aux mêmes heures, nous nous habituerons à les considérer comme étant celles de nos sessions de méditation et notre pratique en sera grandement facilitée. Il est également recommandé de débuter par des sessions courtes auxquelles nous devrions mettre fin quand nous sommes dans de bonnes dispositions, avant que notre esprit ne soit gagné par la fatigue ou l’ennui. Ainsi nous surprendrons-nous à nous réjouir de notre prochaine session et nous aurons encore envie de méditer.

De plus, en passant d’une session satisfaisante à une autre, notre pratique deviendra tout naturellement plus efficace. Par contre, si nous méditons trop longtemps, notre esprit ressentira de la fatigue, deviendra peu clair et confus. Et si nous nous entêtons à poursuivre la session, nous ne pourrons développer aucune stabilité d’esprit ni aucun contrôle. En méditant jusqu’à l’ennui, nous risquons de ne plus avoir aucun désir d’aborder une autre session. A la seule vue de notre coussin de méditation, nous nous sentirons dégoûtés.

Nous devons faire preuve de beaucoup d’habileté dans notre façon de nous engager dans la méditation et d’en poursuivre la pratique. Il est important d’être conscient de ce qui peut être fait et de ce qui doit être évité. Si ces points sont respectés, les sessions de méditation seront efficaces et satisfaisantes. Au fur et à mesure que nous nous familiariserons avec la pratique, nous pourrons progressivement prolonger les sessions.

Dans le développement de la pratique de la méditation, il est tout d’abord essentiel d’accomplir des préparatifs adéquats. Lorsque nous souhaitons, par exemple, construire une maison, nous commençons par rassembler les matériaux nécessaires. Sans cela, aucune construction ne peut se faire. Par contre, si les préparatifs ont été correctement effectués, la construction du bâtiment peut progresser aisément. Ainsi en est-il dans la pratique de la méditation.

Lorsque nous commençons vraiment à méditer, il est primordial de savoir reconnaître et identifier les différents obstacles et interférences susceptibles de surgir sur le chemin. S’ils nous sont familiers, nous pouvons alors prendre les mesures nécessaires pour les éviter et les éliminer. Les difficultés principales rencontrées dans la méditation, ainsi que dans d’autres pratiques du Dharma et même dans nos activités quotidiennes, naissent en dépendance des six consciences sensorielles ou «portes» des sens, c’est-à-dire les consciences visuelle, auditive, olfactive, gustative, tactile et mentale. Afin d’éviter les difficultés ou les obstacles qu’elles engendrent, nous devons exercer notre vigilance sur «les six portes des nos sens». Ceci s’accomplit en utilisant conjointement les facteurs mentaux de l’attention et de la vigilance. De façon générale, ce sont les deux facteurs mentaux les plus importants utilisés dans la pratique de la méditation. Quand nous travaillons, nous utilisons nos mains ; quand nous méditons, nous utilisons l’attention et la vigilance. Le facteur mental de la vigilance vérifie et analyse notre état d’esprit d’instant en instant. S’il nous manque, l’efficacité de nos actions se verra grandement réduite. Quant à l’attention ou souvenir, il s’agit de l’agent principalement utilisé pour garder les portes des sens. Il peut facilement être reconnu, par exemple, comme étant ce qui dans notre esprit nous permet de nous souvenir des meubles de notre maison lorsque nous sommes hors de chez nous. Ce facteur mental est présent en chacun de nous comme un aspect de notre propre esprit.

Dans notre pratique, l’attention nous permet de nous souvenir de l’objet de concentration et de ses différentes caractéristiques. Sans l’attention, toute méditation serait impossible car nous oublierions l’objet de notre pratique. Même dans nos activités quotidiennes, elle nous est de la plus grande importance car si elle nous fait défaut, nous oublions ce que nous sommes en train de faire. De ce fait, si nous voulons que notre pratique soit couronnée de succès, nous devons faire appel à l’attention car c’est elle qui nous permet de saisir l’objet de méditation. De simples instants d’attention ne sont pas suffisants non plus. Il s’agit de développer la capacité de maintenir une conscience continue de l’objet de méditation. En reconnaissant les avantages de l’attention, en sachant à quel point elle est indispensable dans la méditation pour parvenir à un résultat et en étant conscients de son fonctionnement et de l’aide qu’elle apporte à notre pratique, nous devons développer le désir de cultiver activement ce facteur mental.

Dans la pratique, la façon dont est utilisée l’attention pour garder les portes des sens consiste à l’appliquer sur chacun des six sens pour le protéger de son propre objet de perception. Par exemple, nous devons contrôler notre regard et empêcher nos yeux de suivre n’importe quel objet visuel plaisant se présentant à lui. Ce processus ne doit pas seulement être mis en pratique lors des sessions de méditation formelles mais tout au long de nos activités journalières.

En général, on parle de trois types d’objets sensoriels : les objets attrayants, déplaisants et neutres. Lorsque nous percevons un objet sensoriel attrayant, nous éprouvons du plaisir. Dans la plupart des cas, cette expérience plaisante entraîne de l’attachement. Pour mettre en œuvre la surveillance des portes des sens, au moment où l’une des six consciences sensorielles perçoit un objet agréable, une fois que l’on en a reconnu le caractère attrayant, il faut empêcher la production de l’attachement envers cet objet. Ceci est une des fonctions de l’attention. Nous pouvons y arriver en tenant l’esprit en alerte lorsque nous percevons un objet attirant et en nous rappelant avec quelle facilité l’attachement apparaît. Conscients de ce danger, nous pouvons alors empêcher l’émergence de l’attachement. Cette méthode s’applique de la même manière à toutes les perceptions sensorielles.

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